selle

Chaque individu contient 1,5 kg de bactéries vivant dans son intestin ! plus de bactéries que de cellules humaines !

Ces bactéries vivant en équilibre, dénommés dans leur ensemble la flore bactérienne ou microbiote, jouent un rôle majeur (dégradation d’aliments, fabrication de nutriments) dans l’organisme. Dans certaines maladies, cette flore est en déséquilibre.

La transplantation du microbiote fécal (TMF) consiste à transférer une partie de la flore contenue dans le tube digestif d’un donneur sain, à un patient malade présentant un déséquilibre de cette flore, et/ou dans un objectif de la modifier.

 

Cette technique est indiquée, d’après les recommandations européennes (Grade AI) (Debast 2014) et Nord-Américaines, en soins courants, comme technique de prise en charge dans les cas de récidives multiples d’infection à Clostridium difficilae. Ces recommandations s’appuient sur une étude randomisée contrôlée versus vancomycine, arrêté prématurément, au vu de l’effet spectaculaire de la technique (guérison de 93% vs vancomycine (Van Nood 2012)).

Par ailleurs, la TMF pourrait avoir un intérêt thérapeutique dans d’autres cibles potentielles (maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), le portage de bactéries multirésistantes, les troubles fonctionnels intestinaux, l’obésité, les maladies métaboliques et même dans certains désordres neuropsychiatriques (autisme)).

En mars 2014, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a défini à l’occasion d’essais cliniques débutant en France et utilisant la TMF, le cadre technique et réglementaire de ce traitement (ANSM, 2014). Comme les États-Unis, la France le considère désormais comme un médicament. La conséquence pratique est que la préparation des selles qui vont servir pour la transplantation de microbiote fécal doit être effectuée sous responsabilité pharmaceutique, dans une pharmacie d’hopital, dans des locaux et avec du personnel pharmaceutique.

Par ailleurs des recommandations pour la pratique courante, portées par les sociétés savantes de gastroentérologie, d’infectiologie et par l’académie de pharmacie ont été récemment émises, au travers du groupe français de TMF.

Ainsi soit les selles d’un donneur sont préparées et employées dans la foulée (comme cela a été fait dans les premiers essais), soit elles sont congelées, et décongelées au moment de les employer ce qui facilite fortement le circuit et l’organisation.

La comparaison de ces deux technique a fait l’objet d’un essai clinique randomisé mené chez 232 patients dans 6 centres canadiens. Les résultats ont été publiés dans JAMA, l’une des plus grandes revues médicales. L’essai clinique n’a pas montré de différence d’efficacité notable entre la transplantation de selles fraîches ou préalablement congelées.