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Un patient est susceptible de recevoir différentes marques de génériques sans que les conséquences soient bien connues, a fortiori quand ces médicaments sont dits à marge thérapeutique étroite (une faible variation dans le sang peut engendrer une variation dans l’effet du médicament).

Ainsi se pose souvent la question de la substitution d’un générique à un autre, et les conséquences en termes de différence de bio-équivalence, et a fortiori d’efficacité et de sécurité d’emploi pour le patient.

Pour commercialiser un médicament générique, l’industriel doit montrer la bioéquivalence par rapport au médicament originel (dit « princeps »), dans le cadre d’essais menés chez des volontaires sains. Or on dispose de peu de données de biodisponibilité entre génériques, et chez des malades.

Un essai contrôlé randomisé multicentrique (EQUIGEN) a évalué chez des patients épileptiques cette pratique de substitution entre générique de lamotrigine, un anti-épileptique.

Il avait été préalablement déterminé 2 génériques avec des différences retrouvées en termes de dissolution et de puissance les plus notables.

Chez les 35 patients inclus, qui recevaient durant 15 jours le générique dit « basse dose », puis durant 15 jours le générique dit « haute dose » (pendant 2 mois), il n’a été noté aucune différence en termes de biodisponibilité, de concentration maximale dans le sang, ou de survenue de crise d’épilepsie.

Cette publication rappelle que la survenue d’épilepsie peut être liée à la part nocebo : une substance inerte induit une réaction négative ou dans notre cas, une même substance induit moins d’effet ou plus d’effets indésirables.

Déjà une méta analyse portant sur les anti épileptiques, il y a quelques années, n’avait pas retrouvée de différence en termes d’efficacité clinique entre les génériques et les médicaments princeps. Les mêmes auteurs avaient montré que la substitution vers un générique conduit à un changement d’aspect du médicament pris, et ce changement d’aspect du générique était associé à une utilisation non persistante du médicament.

Evidemment lorsque les spécialités génériques sont commercialisées, l’étude de bio-équivalence est une garantie, un postulat d’absence de différence d’efficacité ou de sécurité d’emploi.  Charge au pharmacien de bien expliquer et conseiller lors de la dispensation du générique.

Récemment, le centre de Pharmacovigilance de Lille a alerté sur des accidents survenus dans un  contexte de rupture d’approvisionnement, notamment après la préparation de gélules en officine de phénytoïne, un anti-épileptique ancien (et qui a un comportement dans le sang un peu particulier (une pharmacocinétique de type non linéaire, dite d’ordre zéro)).

La préparation avait eu lieu dans un contexte de rupture d’approvisionnement en spécialité de DI-HYDAN°, et en contradiction avec la réglementation qui interdit la préparation si une spécialité est disponible (en effet une spécialité était disponible au travers des pharmacies hospitalières). Des résurgences d’épilepsie sont alors survenues.