Preparations hospitalieres et magistrales

veille bibliographique en langue française sur la préparation/fabrication de médicaments en pharmacie à l'hopital et en pharmacie d'officine

PTHP : Nouveau journal international de pharmacotechnie et de technologie hospitalière ! — 15 février 2016

PTHP : Nouveau journal international de pharmacotechnie et de technologie hospitalière !

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Je fais suivre un message du Pr F. Lagarce, d’Angers, rédacteur en chef d’une nouvelle revue, dans le champ de la pharmacotechnie hospitalière.

« Le nouveau journal Pharmaceutical Technology in Hospital Pharmacy est lancé. Son premier numéro sortira en mars et est bouclé. Une partie des articles est déjà accessible en ligne sur le site du journal. http://www.degruyter.com/view/j/pthp

PTHP est un journal scientifique international de langue anglaise qui contient des articles relus par les pairs en aveugle. Le système de soumission est scholar one, le système adopté par le prestigieux NEJM.
L’éditeur est de Gruyter basé à Berlin et ayant une expérience de plus de 50 ans dans l’édition.
Sur le site vous trouverez les instructions aux auteurs et le lien pour soumettre votre article.
Le journal accepte les articles originaux de recherche, les revues de la littérature, les articles d’opinion et les lettres à l’éditeur. Le journal ne contient aucun article non relu et non scientifique de type presse spécialisé, ni aucune publicité. Ce journal est fait pour répondre aux contraintes exigeantes de medline et de Thomson Reuters pour obtenir le plus vite possible une indexation de la plus haute qualité et un facteur d’impact conséquent.

Nous comptons sur vous pour soumettre vos meilleurs travaux dans le domaine de la pharmacotechnie et la technologie hospitalière (incluant Dispositifs Médicaux, Stérilisation des dispositifs médicaux, Radiopharmacie, etc.). 

La publication de tous les articles est gratuite. La lecture de tous les articles en full text est gratuite les deux premières années soit les 8 premiers numéros.

Les soumissions pour le numéro de juin (numéro 2) se terminent fin mars. Le numéro suivant paraîtra en septembre et sera dédié aux problèmes de contamination chimiques en production hospitalière.

Vous pouvez suivre l’actualité du journal sur Twitter  @PTHPjournal « 
Les premiers articles, sur les retours d’expérience de qualification de performance  d’automate de production, ou sur la viabilité de germes dans des préparations non cytotoxiques s’avèrent de premier ordre pour ceux intéressés par le champ de la pharmacotechnie hospitalière.
Médicaments administrés par voie orale aux enfants hospitalisés : expérience d’1 an dans un hôpital français —

Médicaments administrés par voie orale aux enfants hospitalisés : expérience d’1 an dans un hôpital français

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Nos collègues lyonnais ont relevé dans une étude les médicaments administrés per os (par voie orale) aux enfants hospitalisés durant 1 année dans un hôpital ; cela représente l’analyse de 117665 doses administrées chez 1998 enfants (57% du total des doses administrées). Ils ont analysé ces consommations en fonction de l’âge de l’enfant (dans les groupes [0 à 27 jours] « term newborn infant » ; [28 j à 23 mois] « infants » ; [2-11 ans] « children » ; [12-15 ans] ou adolescents.

Que savait-on ?

Un médicament est dit approprié pour la pédiatrie s’il est sans risque (sans excipient toxique), bien toléré, facile à utiliser, transportable, et avec un dosage adapté.

Réduire le nombre de manipulation et respecter le mode de vie de l’enfant pourrait améliorer l’acceptabilité et l’observance.  Aussi le gout et l’odeur, le volume de liquide ou la taille des formes à avaler, et la fréquence de dosage influencent aussi l’observance.

Qu’a permis d’apprendre cette étude ?

Les 5 médicaments les plus administrés étaient le furosémide, les mélanges multivitaminiques ADEC, le paracétamol, l’esoméprazole et l’acide ursodesoxycholique.

Les formes liquides étaient les plus utilisées avant 6 ans, et encore largement employés après 6 ans (un tiers des doses !). Les formes liquides prêtes à l’emploi représentent quasiment 58% des doses, les solides à reconstituer (poudre, granules, comprimés effervescents), 14,5% et les formes solides 28%.

Parmi les formes fabriquées par la pharmacie, le captopril en solution était le 9ème médicament sous forme buvable le plus employé chez le nouveau né à terme, et le spironolactone en solution le 4ème médicament sous forme buvable le plus employé chez le nourrisson.

Les gélules fabriquées par la pharmacie de l’hopital et citées étaient le propranolol, l’hydrocortisone, l’amlodipine, l’amiodarone, le bumétanide, le carbonate de calcium et le benzoate de sodium. Ces gélules préparées étaient particulièrement employées chez le nouveau-né à terme et le nourrisson.

Ces médicaments fabriqués par la pharmacie de l’hôpital (en l’absence de spécialité industrielle convenable) représentent 12% des médicaments administrés en pédiatrie. 

Transplantation du microbiote fécal : des données complémentaires sur la congélation des selles — 12 février 2016

Transplantation du microbiote fécal : des données complémentaires sur la congélation des selles

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Chaque individu contient 1,5 kg de bactéries vivant dans son intestin ! plus de bactéries que de cellules humaines !

Ces bactéries vivant en équilibre, dénommés dans leur ensemble la flore bactérienne ou microbiote, jouent un rôle majeur (dégradation d’aliments, fabrication de nutriments) dans l’organisme. Dans certaines maladies, cette flore est en déséquilibre.

La transplantation du microbiote fécal (TMF) consiste à transférer une partie de la flore contenue dans le tube digestif d’un donneur sain, à un patient malade présentant un déséquilibre de cette flore, et/ou dans un objectif de la modifier.

 

Cette technique est indiquée, d’après les recommandations européennes (Grade AI) (Debast 2014) et Nord-Américaines, en soins courants, comme technique de prise en charge dans les cas de récidives multiples d’infection à Clostridium difficilae. Ces recommandations s’appuient sur une étude randomisée contrôlée versus vancomycine, arrêté prématurément, au vu de l’effet spectaculaire de la technique (guérison de 93% vs vancomycine (Van Nood 2012)).

Par ailleurs, la TMF pourrait avoir un intérêt thérapeutique dans d’autres cibles potentielles (maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), le portage de bactéries multirésistantes, les troubles fonctionnels intestinaux, l’obésité, les maladies métaboliques et même dans certains désordres neuropsychiatriques (autisme)).

En mars 2014, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a défini à l’occasion d’essais cliniques débutant en France et utilisant la TMF, le cadre technique et réglementaire de ce traitement (ANSM, 2014). Comme les États-Unis, la France le considère désormais comme un médicament. La conséquence pratique est que la préparation des selles qui vont servir pour la transplantation de microbiote fécal doit être effectuée sous responsabilité pharmaceutique, dans une pharmacie d’hopital, dans des locaux et avec du personnel pharmaceutique.

Par ailleurs des recommandations pour la pratique courante, portées par les sociétés savantes de gastroentérologie, d’infectiologie et par l’académie de pharmacie ont été récemment émises, au travers du groupe français de TMF.

Ainsi soit les selles d’un donneur sont préparées et employées dans la foulée (comme cela a été fait dans les premiers essais), soit elles sont congelées, et décongelées au moment de les employer ce qui facilite fortement le circuit et l’organisation.

La comparaison de ces deux technique a fait l’objet d’un essai clinique randomisé mené chez 232 patients dans 6 centres canadiens. Les résultats ont été publiés dans JAMA, l’une des plus grandes revues médicales. L’essai clinique n’a pas montré de différence d’efficacité notable entre la transplantation de selles fraîches ou préalablement congelées.

Contamination microbienne de lots de syrspend° aux Etats Unis —

Contamination microbienne de lots de syrspend° aux Etats Unis

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Le broyage des comprimés ou l’administration d’une partie de dose de médicament en pédiatrie sont des pratiques courantes dans les hôpitaux ou également en ville.

L’idéal dans ce cadre serait de broyer le comprimé, le mélanger à un excipient liquide (contenant à la fois conservateur, agent de suspension, édulcorant, colorant, …) et obtenir un liquide stable, à une concentration fixe.

Ces agents existent : au départ les gammes ORA ont été étudiés avec des centaines de comprimés ou gélules pour l’obtention facile d’une forme liquide. Cependant ces gammes ORA contenaient des parabènes (allergisants et pour certains d’entre eux, potentiels perturbateurs endocriniens) ainsi que du sorbitol (provoquant des diarrhées osmotiques).

Des gammes sont récemment sorties :

  • la gamme INORPHA, fabriquée et distribuée par le laboratoire INRESA, sans excipient à effet notoire, et contenant un agent masquant de goût
  • la gamme SYRSPEND, également sans excipient à effet notoire, pouvant s’adapter pour garantir un pH acide ou basique

L’agence américaine en charge de la santé, la Food and Drug Administration, a lancé une alerte suite à une contamination de certains lots sur le marché américain par un champignon, Candida galli.

« Ces ingrédients cosmétiques qui créent la polémique » —

« Ces ingrédients cosmétiques qui créent la polémique »

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Il s’agit du titre d’un guide de formation du Moniteur des Pharmacies, accès Conseil, rédigé par AH Collin et A Blanc, pharmaciens.

Ce numéro permet de faire le point sur les conservateurs : le triclosan, susceptible de favoriser les résistances aux biocides et antibiotiques, les parabènes (perturbateurs endocriniens pour certains), le phénoxyéthanol (pas chez l’enfant de moins de 3 ans pour le siège, et à une concentration inférieure à 0,4% sinon), les MIT et MCIT (remplaçant les parabènes et responsables de cas de sensibilisation, interdits dans les produits sans rinçage et laits corporels).

Il est aussi abordé les filmogènes, dont le baume du pérou et la colophane, ainsi que es substances parfumantes allergisants (urticaires et eczémas de contact).

Certains tensioactifs employés comme moussants, mouillants ou émulsifiants sont abordés : esters de PEG (à ne pas employer sur peau lésée, susceptibles de contenir des quantités infimes d’oxyde d’éthylène et de 1,4-dioxane), le laurylsulfate de sodium, irritant.

Let agents de coloration (noir ébène ou paraphénylène diamine, interdits avant 16 ans), les filtres ultraviolets organiques, minéraux ou à base de nanoparticules sont également abordés.

Les risques liés aux sels d’aluminium (absorption cutanée, relation avec le cancer du sein) sont aussi présentés.

En l’état, chaque classe est succinctement présentée, avec les utilisations cosmétiques et ce qu’on lui reproche. en dernière page on retrouve un récapitulatif.

Ce document clair et concis permet de se remettre au clair, notamment pour tous  ceux intéressés par la dermopharmacie et la cosmétique.

 

 

Cuillères-mesures et modalités de reconstitution pour les formes buvables en pédiatrie mal maitrisées par l’entourage des enfants ! —

Cuillères-mesures et modalités de reconstitution pour les formes buvables en pédiatrie mal maitrisées par l’entourage des enfants !

cuillère doseuse amoxicilline

On a tendance à croire que les formes buvables à reconstituer et à administrer avec des cuillères mesure ne devraient pas poser vraiment de problème. Une étude récente prouve l’inverse.

Une étude française prospective observationnelle menée dans un hôpital pour enfants parisien a évalué la préparation et l’administration avec une pipette et une cuillère mesure par l’entourage des enfants qui prodiguent les médicaments (= les aidants).

Une centaine de personnes de l’entourage des enfants qui prodiguent les soins à des enfants présents dans deux services de soins en pédiatrie ont été challengés sur la reconstitution d’un médicament se présentant au départ sous forme de poudre (amoxicilline et josamycine), sur l’administration et sur les informations retenues des notices accompagnant ces médicaments.

Les résultats sont effarants : 50% des médicaments ont été mal reconstitués au départ (pas suffisamment outrop d’eau mis avec la poudre ou pas suffisamment d’agitation).

Pour le clamoxyl, qui contient pour l’administration une cuillère-mesure permettant à la fois la mesure de 2,5 mL et de 5 mL (cf photo du générique), dans 56 % des cas, l’entourage n’a pas prélevé le bon volume, avec sous dosage !

Dans les deux cas, des informations sur les conditionnements très peu clairs : pour le flacon de clamoxyl à reconstituer, le trait indicateur de volume de  remplissage peu être confondu avec une marque présente sur le verre du flacon; pour la cuillère-mesure les valeurs des volumes sont mentionnées comme difficiles à lire par les aidants. Certes la notice insiste sur les points importants, mais elle n’a pas toujours été bien lue par l’entourage.

Une seule solution : un conseil efficient et insistant du pharmacien sur la reconstitution et l’administration lors de la dispensation des formes buvables !

L’UV-Raman pour le contrôle des molécules anticancers dans la pharmacie d’un hopital — 2 février 2016

L’UV-Raman pour le contrôle des molécules anticancers dans la pharmacie d’un hopital

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Les pharmaciens de l’hôpital de Strasbourg présentent dans un récent travail un retour d’expérience sur 18 mois de l’utilisation de l’UV-Raman dans la préparation des cytotoxiques à la pharmacie.

La spectrométrie UV Raman est employée pour l’identification et le contrôle d’un certain nombre de cytotoxiques et les solvants associés (5-Fluorouracile ; Carboplatin ; Cisplatin; cyclophosphamide dans 2 solvants; dacarbazine dans 2 solvants ; docetaxel ; doxorubicin dans 2 solvants ; etoposide ; Gemcitabine ; Ifosfamide dans 2 solvants; Oxaliplatine ; Paclitaxel ; Pemetrexed ; topotecan ; vinblastine, vincristine ; vinorelbine).

Cette technique a été mise en oeuvre sur quasiment 6000 échantillons. Sur le plan qualitatif, dans plus de 99% des cas, cela a permis l’identification de la molécule et/ou de son solvant. Sur le plan quantitatif 1,52% des analyses a retrouvé un écart supérieur à la valeur seuil attendue (15%). La mise en place de cette technique a permis d’améliorer les pratiques de préparation (avec le cas du pemetrexed et du cyclophosphamide dans le cas présent).