selle

La transplantation du microbiote fécal (TMF) est un traitement hautement efficace (dès la première cure) pour le traitement des infections à Clostridium difficilae récurrentes ou récidivantes ; cependant dans environ 10 à 20% des cas, un échec survient, soit tôt (dans le mois), soit plus tard (entre 1 et 3 mois).

La technique a déjà été abordée par ailleurs ici ou .

Un essai clinique, publié dans Am J Gastroenterol, mené de manière rétrospective aux Etats Unis et au Canada (dans des centres réalisant au moins 80 TMF par an), a tenté de déterminer les facteurs susceptibles de prédire la survenue d’un échec (chez 328 patients (sur 2 centres)) et a validé le modèle sur un troisième centre (chez 134 patients).

Les taux de d’échec relevés étaient dans les 2 centres de l’ordre de 18,6% pour les échecs précoces, et de 2,7% pour les échecs tardifs.

Les facteurs indépendants retrouvés étaient :

  • Une indication dans les formes sévères et compliquées
  • Le fait que le patient soit hospitalisé pour recevoir la TMF plutôt que réalisé chez lui,
  • Le nombre d’hospitalisation lié à l’infection, avant la TMF ; plus ce nombre est grand, plus le risque est élevé (augmentation de 43% du risque)

D’autres facteurs n’ont pas été retrouvés en relation avec un risque d’échec, notamment :

  • Les modalités de préparation et de conservation (frais ou congelé) des selles
  • Les modalités d’administration, par voie haute (sonde naso jéjunale) ou basse (lavement)
  • Le choix du donneur : universel (volontaire) ou à proximité du patient (famille ou amis proche)

La mise en évidence de ces facteurs et d’un modèle a permis de caractériser les patients en fonction d’un score de risque (entre 0 et 13) et d’évaluer ce modèle sur un autre centre. Pour établir ce score de risque, il faut additionner :

  • 5 points si l’indication est dans les formes sévères et compliquées,
  • 4 points si le patient soit hospitalisé pour recevoir la TMF,
  • 1 point par hospitalisation lié à l’infection, avant la TMF

Ainsi il a été retrouvé qu’un patient classé comme à haut risque (score de risque au moins de 3) présente un tiers de risque de récidive.