L’équipe de la pharmacie de Toulouse a récemment publié dans le journal américain de pharmacie hospitalière un travail portant sur l’estimation du risque d’exposition aux cytotoxiques à la déconnexion des tubulures dans les services de soins.

La déconnexion de la ligne de perfusion après l’administration de médicaments cytotoxiques comporte un risque de contamination possible pour les soignants dans les services de soins ; intuitivement, rincer la tubulure après la perfusion pourrait diminuer la quantité de médicament cytotoxique restant susceptible d’exposer le soignant, en plus de permettre de perfuser la totalité de la dose au patient.

Dans l’étude de simulation de perfusion in vitro, le rinçage avec un volume de solution 3 fois supérieur au volume d’espace mort du set de perfusion n’a pas entraîné un nettoyage complet de la tubulure et a conduit à retrouver des traces de cytotoxiques ; Un rinçage avec un volume double du volume de l’espace mort a permis une perfusion> 99% de la dose préparée. Cette étude a été réalisée avec 3 cytotoxiques différents (dans différents solvants, à des débits de flush variable) et a utilisé, pour rechercher les traces résiduelles de cytotoxiques, une méthode analytique sensible (HPLC-UV), avec détection à la longueur d’onde appropriée pour chaque cytotoxique. La lipophilie de la molécule perfusée pourrait avoir une influence sur l’efficacité du rinçage, mais pas le choix du solvant ou le débit.

Ainsi les auteurs concluent à un risque constant d’exposition quand ils deconnectent la tubulure, à la fin de la perfusion. Pour l’éviter, il pourrait être utile d’évaluer des dispositifs médicaux de type « système clos » sur les extrémités des tubulures.