Preparations hospitalieres et magistrales

veille bibliographique en langue française sur la préparation/fabrication de médicaments en pharmacie à l'hopital et en pharmacie d'officine

EuPFI 2021 (13° edition) : consortium européen de recherche clinique chez l’enfant (C4C) et COVID-19 — 22 septembre 2021

EuPFI 2021 (13° edition) : consortium européen de recherche clinique chez l’enfant (C4C) et COVID-19

Dans le cadre du 13ème congrès de l’EuPFI, une session de Saskia de Wildt (Radboud University Medical Center, Pays Bas) a porté sur le consortium européen de recherche clinique chez l’enfant Conect For Children (C4C), et son rôle dans le cadre du COVID-19.

Le C4C est une coordination européenne pour le montage des essais cliniques de haut grade, en lien avec les attentes et appuis des autorités. Cela représente 18 pivots nationaux (en France, PedStart (INSERM)), impliquant plus de 200 hopitaux, regroupant des experts de tous domaines.

Le C4C a œuvré à plusieurs essais cliniques de type « preuve de viabilité » (proof of viability) :

  • 4 essais cliniques sont sponsorisés par l’industrie
  • 3 ne le sont pas :
    • le paracétamol dans la fermeture du canal artériel
    • les corticostéroïdes dans la maladie de Kawasaki
    • le posaconazole chez les patients atteints de mucoviscidose

Les récents travaux publiés ont été présentés :

  • « Connaissances actuelles, défis et innovations en pharmacologie du développement : le groupe des experts du C4C en combinaison avec le groupe expert de la société européenne pour la pharmacologie pédiatrique, périnatale et developpementale (ESDPPP) : le livre blanc » a été publié dans le British Journal of Pharmacology
  • « Méthode à adopter pour le développement efficace de formulations pédiatriques basé sur un partenariat entre un groupe expert du C4C, des pharmacologues cliniques et des cliniciens : le livre blanc » a été publié également dans le British Journal of Pharmacology. Cet article propose l’utilisation d’un du concept de Quality Target Product Profile (pQTPP) (profil de produit cible de qualité) adapté à la population pédiatrique.

D’autres articles ont été soumis, sur les thématiques de la conception des études cliniques, les « omics« , la pharmacometrique, …

Concernant le COVID-19, le C4C s’est illustré par l’élaboration de recommandations dans ce contexte publiées dans Pediatric Research.

Le C4C a participé à la plateforme britannique de l’essai clinique RECOVERY, qui concernait à la fois les traitements contre le COVID-19, chez les adultes et les enfants, et qui était basée sur une approche de type faible risque.

En poolant les bases de données sur les essais cliniques, le COVID-19 a conduit à la mise en oeuvre de 113 essais cliniques, chez des enfants de 0 à 8 ans, impliquant 380 000 enfants. Le principal écueil relevé était l’absence de mention d’une implication des parents/public/patients dans ces essais cliniques.

Ainsi, l’essai épidémiologique impliquant l’International Severe Acute Respiratory and Emerging Infection Consortium (ISARIC) avec le soutien de l’ONU, qui a impliqué près d’un million de participants, 42 pays, n’a lui non plus pas pris en compte l’implication des parents/public/patients.

Sofosbuvir (SOVALDI°) ou la santé hors de prix : LE (début du) scandale ! — 8 septembre 2021

Sofosbuvir (SOVALDI°) ou la santé hors de prix : LE (début du) scandale !

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Dans un récent ouvrage, « La santé hors de prix : l’affaire SOVALDI » (RAISONS D’AGIR Editions), Olivier MAGUET, membre de l’ONG Médecins du Monde déconstruit et explique comment un traitement novateur, celui de l’Hépatite C, découvert dans une Université, a conduit à coûter à la Société 84 000 euros par patient !

L’auteur présente dans une première partie comment un médicament, originellement découvert par un universitaire de Cardiff, P. Perrone, a été racheté et développé par une start up, Pharmasset, qui l’a revendu à prix d’or (10 milliards de Dollars !!) à une firme pharmaceutique, qui a également pu en récupérer plus de 60 milliards de Dollars !

Les dépenses publiques massives engendrées par ce médicament ont conduit aux USA à une enquête menée par les sénateurs Wyden et Grassley. Cette enquête a permis de révéler au public et faire toute la transparence sur la définition du prix, bien loin de son coût de développement et de recherche, mais davantage dans une stratégie du maximum de profits possible, défini au travers d’échanges avec les Key Opinion Leaders et décideurs publics accessibles de chaque pays.

L’auteur évoque aussi les idées fausses, définies par la firme, du coût lié au gain pour la collectivité, et la course au brevets, sous couvert de course à l’innovation, avec toutes les dérives associées (les patent trolls, la titrisation, …).

L’ouvrage se termine sur la faillite et le renoncement des Etats, notamment de la France qui a renoncé à mettre en application la licence d’office dans le cas du SOVALDI, mais aussi dans le cas de tous ces nouveaux traitements avec des prix non soutenables pour la collectivité.

Un ouvrage indispensable, à mettre entre toutes les mains de tout professionnel de santé et citoyen préoccupé par les dérives, à l’heure de l’arrivée du ZolgenSMA (Deux millions euros l’injection, pourtant issu de la recherche publique et des fonds du Téléthon !) et de nombreuses biothérapies…

Forme buvable de nicardipine — 15 mars 2021

Forme buvable de nicardipine

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La nicardipine est le principe actif contenu dans la spécialité LOXEN°, qui n’existe pas sous une forme adaptée pour l’utilisation en pédiatrie, ou chez les patients présentant des troubles de déglutition.

L’équipe de la pharmacie du CHU de Rouen a développé une formulation d’une forme buvable de nicardipine dosée à 2 mg/mL et a publié des informations relatives à cette forme buvable.

Le principe actif a été formulé dans le véhicule INORPHA, avec adjonction de polysorbate pour aider à la mise sous forme liquide. Il n’a pas été possible d’obtenir de forme satisfaisante visuellement, lors du recours à la gamme ORA ou SYRSPEND.

Ce principe actif est connu comme étant peu soluble dans l’eau et sensible à la lumière.

La stabilité de la forme liquide de nicardipine a été prouvée au moins 90 jours quand stocké à température ambiante ou à +2-+8°C, à l’aide d’une méthode indicatrice de stabilité, avec recours à l’HPLC couplée à la spectrométrie de masse. L’absence de contamination microbiologique a également été démontrée.

L’uniformité de teneur à 3 niveaux d’un flacon multi dose a été démontrée lors de prélèvement de 2,5 mL, avec ou sans agitation. Des essais de mise en seringue buvable de 3 mL ont également démontré l’intérêt de ce conditionnement l’uniformité du remplissage.

Des données de biodisponibilité, d’efficacité et de sécurité d’emploi auraient encore besoin d’être collectées pour mieux connaitre ce nouveau médicament.

Un défi pour le 21ème siècle : comment améliorer les médicaments oraux destinés aux enfants — 17 novembre 2020

Un défi pour le 21ème siècle : comment améliorer les médicaments oraux destinés aux enfants

Photo de samer daboul sur Pexels.com

Voici le titre d’une revue récemment publiée dans l’une des plus grandes revues internationales de pharmacie, International Journal of Pharmaceutics.

Les auteurs ont rappelé l’impact du Règlement pédiatrique sur les médicaments de 2007, et les conséquences à ce jour. Ainsi entre 2007 et 2015, 89 médicaments ont été autorisés en pédiatrie dès leur mise sur le marché de la forme adulte. Une collaboration entre les agences européennes (EMA) et américaines (FDA) a été entreprise avec des réunions régulières et des similitudes dans la mise en place des plans d’investigation pédiatriques en Europe et de Plan d’étude pédiatrique (PSP) aux USA.

L’initiative EuPFI est également présenté.

Le développement des formes orales pédiatriques est également détaillé, tout en abordant la problématique d’acceptabilité, dont la définition n’est pas suffisament claire et standardisée. Des attributs d’acceptabilité critiques, en fonction de la forme pédiatrique développée sont ainsi présentés.

L’évaluation de la palatabilité revêt un caractère important : les méthodes physiques, chimiques et physiologiques pour améliorer la palatabilité sont présentées. les méthodes d’évaluation du gout, in vivo (BATA chez l’animal) et in vitro (langues électroniques) sont décrits.

Les étapes suivantes s’orientent vers une approche d’ingéniérie des cristaux (par exemple par la co cristallisation) et le développement de formes pédiatriques proches des bonbons, (notamment de gels, qui pourraient moduler la libération des principes actifs) ou issus des technologies d’impression 3D.

Erreurs liées aux préparations aux USA : revue systématique de la littérature —

Erreurs liées aux préparations aux USA : revue systématique de la littérature

Des auteurs ont effectué une revue systématique de la littérature dans le Journal of Medical Toxicology. Cela a concerné 2155 rapports et 63 erreurs, majoritairement de type contamination et sur ou sous dosage, majoritairement touchant les enfants.

Ont ainsi été examiné 2155 rapports et identifié 63 erreurs par les auteurs :

  • 21 des 63 étaient des erreurs de concentration, affectant 36 patients.
  • 27 des 63 étaient des erreurs de contamination, affectant 1119 patients.
  • 15 erreurs n’ont entraîné aucun dommage identifié.

Toutes les erreurs sont survenus chez des patients vulnérables : majoritairement les erreurs de concentration concernaient des enfants, ou rarement des personnes âgées. Les molécules impliquées étaient majoritairement à index thérapeutique étroit (tacrolimus, clonidine, 4-aminopyridine, liothyronine, …) et toujours inexistants sous la forme d’une spécialité industrielle adaptée.

Les erreurs de contamination touchent toujours un nombre important de patient, notamment la contamination massive de methylprednisolone, dite « de Framingham », qui a impliqué 787 patients et 65 décès en 2012. Cet incident avait conduit à une modification de la loi aux USA avec la mise en oeuvre de la Compounding Act. Suite à sa mise en oeuvre, des cas de survenue de contamination ont continué à perdurer, mais moins massivement.

L’article fait aussi des rappels sur les éléments historiques et réglementaires encadrant la préparation aux USA.

Préparation de nutrition parentérale avec des concentrations élevées d’électrolytes — 5 septembre 2020

Préparation de nutrition parentérale avec des concentrations élevées d’électrolytes

_75318967_premature_baby2-spl Des auteurs de l’Université de Pékin (Chine) ont publié dans le Journal of Parenteral and Enteral Nutrition (JPEN) une étude in vitro portant sur la stabilité de mélanges de nutrition parentérale ternaire en présence de quantité importante d’électrolytes. Les émulsions lipidiques étudié étaient ceux avec des acides gras à chaîne moyenne (TCM). Les poches étaient également supplémentées en glutamine. Ils ont étudié l’évolution de la granulométrie et du PFAT 5 (particules/globules>5µm) après ajout de quantités importantes d’électrolytes sur 72 heures. Les poches étaient également supplémentées avec des lipides issus d’huile de poisson. Cependant le mélange ne contenait pas de vitamine ou d’éléments traces (qui sont susceptibles de déstabiliser l’émulsion). Les concentrations d’ions monovalents et divalents étaient respectivement de 230 mmol/L et de 10 mmol/L, ce qui fait une Critical Agregation Number (CAN) de 870 (le risque d’instabilité de l’émulsion est empiriquement fixé à 200 (Corriol O., 2005)). Or aucun signe d’instabilité (notamment le PFAT5 <0,05%) n’est retrouvé après 72 h de stockage à 25°C. Ces données confirment la plus grande stabilité de ces mélanges de lipide contenant des TCM/TCL comparativement aux mélanges avec TCL. Le PFAT5 semble plus sensible que la diffraction de la lumière (DLS) pour identifier une instabilité de l’émulsion. Cela est rassurant et permet d’optimiser les abaques de préparation des mélanges de nutrition parentérale en néonatologie.
Confusion entre une spécialité industrielle et une préparation magistrale : à propos d’un cas rapporté d’intoxication en France — 15 juillet 2020

Confusion entre une spécialité industrielle et une préparation magistrale : à propos d’un cas rapporté d’intoxication en France

Des médecins français de Necker ont publié dans le Journal of Inherited Metabolic Disease un cas rapporté d’intoxication chez un patient greffé hépatique en France au gamma(γ)-hydroxbutyrate de sodium, ou GHB ; en cause, une erreur dans la prescription informatisée de beta(β)-hydroxbutyrate de sodium, ou BHB.

L’Acidémie Propionique est une maladie génétique autosomique récessive rare, due à un déficit de propionyl-CoA carboxylase dans le foie et les tissus. Ce déficit conduit in fine à une accumulation du propionyl-CoA et de ses métabolites. Cela engendre l’apparition de complications, notamment des cardiomyopathies et des atteintes neurologiques.

Les options thérapeutiques sont limitées : il s’agit principalement de la greffe hépatique. Les corps cétoniques peuvent dans ce contexte être utiles. Le BHB est un traitement adjuvant qui serait efficace sur la cardiomyopathie et aurait aussi un effet préventif sur les détresses neurologiques. Il n’existe pas de spécialité industrielle sur le marché. La matière première de BHB est disponible, sous forme de mélange racémique D,L-, pour permettre la réalisation de préparation magistrale. Le BHB et le GHB sont deux isomères chimiques avec des effets cliniques complètement différents.

Le BHB serait également un traitement efficace de la cardiomyopathie observée chez plusieurs maladies de carence en énergie (telles que le déficit en acyl-CoA déshydrogénase et de stockage du glycogène, également connu sous le nom de type de maladie de stockage de glycogène de type III) et pour la prévention de la détresse neurologique lié à un déficit en pyruvate déshydrogénase. Pour les cardiomyopathies, les doses employées sont entre 400 et 800 mg/kg/jour.

Le cas décrit rapporte un adolescent de 15 ans atteint d’acidémie propionique néonatal. Le patient, diagnostiqué à l’âge de 3 jours, a subi 6 épisodes de décompensation sévère avec hospitalisation. Des complications neurologiques telles que des dyspraxies visuelles et spatiales, des difficultés d’apprentissage ainsi qu’une épilepsie frontale ont été observées et sont sous contrôle depuis qu’il a 12 ans. Une cardiomyopathie est diagnostiquée à l’âge de 14 ans, et a induit la prescription notamment de BHB.

Le patient a bénéficié d’une greffe de foie sans complication.  Cependant il est devenu comateux 8 jours plus tard, et cela sans explication métabolique, immunologique, ou infectieuse. Les résultats de l’ECG et de l’IRM cérébral étaient normaux.

Une analyse des prescriptions montre non pas la prise de BHB sous forme de gélule réalisées à la pharmacie hospitalière, mais la prise de GHB (sous forme de GAMMA-OH® 200 mg/mL en injection intraveineuse), un anesthésique général du SNC induisant une narcolepsie.

La raison de cette erreur est la suggestion automatique dans l’interface informatique du GHB lors de la prescription. Le BHB étant une préparation extemporanée, il n’est donc pas inclus dans ce système, ce qui n’est pas le cas du GHB.  Le cas rapporte aussi que des officines ont contacté les praticiens pour des prescriptions de GHB chez des patients sortis de l’hôpital, et non de BHB.

Du fait de la rareté de la pathologie, les professionnels de santé peuvent ne pas connaitre parfaitement la pathologie, ses traitements et les points d’attention pour la prescription. Les maladies orphelines devraient être suivies de près par la pharmacovigilance, les traitements étant souvent en essai clinique, souvent hors AMM, et parfois faisant l’objet de préparation extemporanée. Ainsi on observe une difficulté de mise en place des traitements, et une difficulté de suivi, suite à la faible incidence de ces maladies.

L’état de santé du patient s’est normalisé quelques heures après la substitution du traitement, et n’a pas présenté de séquelles.

Bien que la littérature montre que l’informatisation des prescriptions permette une diminution des erreurs et des effets indésirables iatrogènes, les systèmes de correction automatique sont alors susceptibles d’en générer, notamment pour les maladies rares. Le paramétrage des préparations dans les systèmes d’information est toujours effectué manuellement quand cela est possible. La similarité entre le nom des traitements n’est pas non plus sans conséquence, et augmente ainsi le risque d’erreur, notamment pour les maladies rares.

Ligne directrice des BPP relative aux produits dangereux en enquête publique — 8 juin 2020

Ligne directrice des BPP relative aux produits dangereux en enquête publique

La réglementation française encadrant l’activité de préparation est organisée autour des Bonnes Pratiques de Préparation, document opposable paru en 2007.

Une révision de ce texte est en cours, depuis 2016 et la création d’un comité scientifique spécialisé temporaire (CSST) au sein de l’Agence du Médicament (ANSM).

Après une première version parue en enquête publique en 2019, la ligne directrice relative aux produits dangereux (Préparation de médicaments contenant des substances pouvant présenter un risque pour la santé et l’environnement) vient de paraître.

https://www.ansm.sante.fr/Activites/Elaboration-de-bonnes-pratiques/Enquete-publique-Revision-des-bonnes-pratiques-de-preparation/(offset)/0

Le document est en enquête publique jusqu’au 15 septembre 2020.

Préparation dans les pharmacies dans le contexte de la crise COVID — 19 avril 2020

Préparation dans les pharmacies dans le contexte de la crise COVID

Depuis le début de la crise « COVID-19 », les pharmacies hospitalières ont dû faire face à des réorganisations d’activités de manière à s’adapter à la situation, notamment pour les activités de préparation et de contrôle des médicaments. La demande de réalisation de la préparation se fait toujours dans le même contexte : rupture/tension d’approvisionnement insupportable en période de crise, adaptation de forme galénique, soutien à la recherche clinique ; de nombreuses ressources ont été mises en ligne afin d’aider les pharmaciens dans la réalisation de ces activités à mettre en oeuvre dans un délai souvent contraint. Notons par exemple l’initiative de l’association européenne de pharmacie hospitalière (European Assoication of Hospital Pharmacists EAHP), qui met à disposition des ressources à destination des pharmaciens hospitaliers.

Le lavage de mains fait partie des gestes que chacun doit adopter dans le contexte actuel. De nombreuses structures hospitalières et officinales se sont lancés dans la production de solution hydro-alcoolique (SHA), voire de gels hydro-alcooliques (GHA). La préparation de ces produits biocides est réalisé conformément aux arrêtés successifs, en terme de composition, étiquetage, et péremption. Cela a permis de pallier les difficultés de fourniture notamment initial de gels HA par les industriels. De nombreuses expériences réalisées au sein des pharmacies hospitalières ou des facultés de pharmacie ont permis la mise à disposition de volumes substantiels de SHA/GHA. La pharmacie du CHU de Lille dispose ainsi de la capacité, avec l’aide des professionnels de santé et des étudiants en pharmacie de la faculté de Lille, de produire et de conditionner jusqu’à 2000 L de SHA par jour.

Voir l’article de la voix du Nord : La pharmacie du CHU de Lille produit 2 000 litres de solution hydroalcoolique par jour.

Une autre pharmacie d’officine parisienne installée en pleine rue produit jusque 10 000 L par jour, et conditionne notamment dans des cubis !

Voir la vidéo : Pharmacie Delpech

L’adaptation des médicaments à la prise chez le patient en réanimation et/ou incapable de déglutir ou chez l’enfant a été une activité parfois à mettre en oeuvre. Ainsi, la direction européenne de la qualité des médicaments (EDQM), qui élabore la Pharmacopée Européenne, fournit des informations régulièrement actualisées sur les produits et préparation extemporanée de formulations pédiatriques pouvant être utiles dans le traitement de COVID-19. On trouve ainsi des informations sur le plaquenil (hydroxychloroquine), le kaletra (lopinavir et ritonavir) (pour lequel des ruptures de stock de la forme buvable pourraient conduire à un broyage des comprimés inappropriés, puisque conduisant à une très forte réduction de la biodisponibilité), etc …

La Pharmacopée Britannique a rendu accessible une liste de monographies de produits « sensibles » dans le cadre du COVID.

Documents – monographies COVID de la Pharmacopée Britannique

Enfin les ruptures à venir d’injectables utilisés comme sédatifs conduisent à la nécessité de d’envisager la réalisation de médicaments injectables. L’agence américaine fédérale en charge des médicaments (Federal Drugs Agency FDA) a émis des recommandations à destination des structures pharmaceutiques sous-traitantes ou non, pour faciliter la mise à disposition de certains médicaments injectables (midazolam, …) dans le contexte COVID, notamment en fournissant des dates de péremption et en précisant les spécifications à appliquer, en fonction de la taille du lot, de la source des matières premières, …

Politique temporaire américaine pour la préparation de certains médicaments pour les patients hospitalisés par des établissements de sous-traitance pendant l’urgence COVID-19

Politique temporaire américaine pour la préparation de certains médicaments pour les patients hospitalisés par les pharmacies non sous-traitantes pendant l’urgence de santé publique COVID-19

Par ailleurs la FDA a permis aux pharmacies qui réalisent des préparations à reconditionner et à combiner le propofol, pour répondre aux besoins hospitaliers actuels.

Quelle réglementation pour participer à la préparation et réaliser la dispensation des CAR-T cells en France — 10 février 2019

Quelle réglementation pour participer à la préparation et réaliser la dispensation des CAR-T cells en France

Un article récemment publié dans le Bulletin du Cancer fait le  point sur l’organisation des Car T cells en France. Deux auteurs impliqués dans la recherche clinique sur les médicaments de thérapie innovante (MTI), le Pr Chabannon de Marseille et le Pr Larghero de Paris, présentent la situation française actuelle.

Les CAR-T Cells sont des lymphocytes T génétiquement modifiés pour exprimer un récepteur chimérique à l’antigène (« chimeric antigen receptor » ou CAR). Leur intérêt a été montré dans le cas des hémopathies lymphoïdes B de  haut grade ou à un stade avancé aux Etats Unis, il y a quelques années, et son utilisation en France est en  train de se mettre en place, avec la nécessité de se fondre dans la réglementation européenne. Ces produits rentrent dans la catégorie des médicaments de thérapie innovante (MTI).

Ainsi le distinguo  est fait entre :

  • Les CAR T cells industriels, comme ceux ayant eu récemment une autorisation de mise sur le marché, à savoir Kymriah° (tisagenlecleucel) et Yescarta° (axicabtagene ciloleucel). Il s’agit de  Car t cells autologues c’est-à-dire dérivant du donneur ( nécessitant un prélèvement qui est aussi contrôlé en plus par la société, expédié vers un site centralisé de fabrication du médicament final (« central manufacturing organization » CMO), rarement en France. Le don est ensuite transformé et remis à disposition sous la forme d’une suspension cellulaire cryopréservée en poche ou en tube qu’il va falloir retourner  vers l’hopital ou il sera in fine administré.  La complexité de la problématique du stockage au sein d’installations de cryobiologie sécurisée dans les hopitaux est présentée, ainsi que la parfois nécessaire manipulation lors de la décongélation.

  • Les CAR T cells préparés sous le statut de MTI-PP ou de médicament expérimental, c’est-à-dire non manufacturés par un établissement pharmaceutique, mais par une structure hospitalière ou de l’EFS (dits « hospital exemption »). Les couts importants  et les lacunes du financement de structures de production dans ce contexte de recherche clinique sont aussi présentées, ainsi que les perspectives de développement de CMO d’avantage locaux et susceptibles de répondre à des prestations à visée de recherche clinique de petite échelle,

Enfin les problématiques de financement, la nécessité d’une prise en charge de ces produits mais aussi de tous les coûts associés des séjours des patients sont présentées dans la conclusion ; les interfaces à développer entre industriels, hopitaux, acteurs de la recherche clinique, mais aussi autorités de tutelles se doivent encore d’être définis.