Preparations hospitalieres et magistrales

veille bibliographique en langue française sur la préparation/fabrication de médicaments en pharmacie à l'hopital et en pharmacie d'officine

Accident de préparation par une pharmacie chez un enfant et décès au Canada : confusion entre principes actifs — 21 octobre 2016

Accident de préparation par une pharmacie chez un enfant et décès au Canada : confusion entre principes actifs

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Il a été rapporté un accident dans le Mississauga sur un média canadien lié à une erreur de principe actif dans une préparation liquide réalisée pour un enfant, qui a  reçu un sirop à base de baclofène (à une dose toxique) au lieu de tryptophane, du fait d’une erreur de la pharmacie qui a réalisé la préparation.

Le tryptophane en sirop était réalisé depuis des années pour des troubles de sommeil (parasomnie).

La famille a eu l’information 4 mois après l’accident.

Le goût était rapporté comme identique d’après la mère.

La pharmacie n’avait pas déclaré à une quelconque autorité l’erreur. Il semblerait que les déclarations d’accident ne doivent être réalisées que dans certaines provinces canadiennes (nova scotia par exemple).

 

Guide de l’ARS Ile de France relatif aux préparations en officine — 3 septembre 2016

Guide de l’ARS Ile de France relatif aux préparations en officine

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L’ARS Ile De France vient de produire en accès libre :

Le fascicule permet de faire le point sur les préparations réglementées et interdites en officine, avec renvoi aux textes de loi afférents.

Un document utile pour maîtriser l’actualité relative aux préparations en officine, dans un contexte de révision prochaine des Bonnes Pratiques de Préparations, annoncées sur le site de l’Agence du Médicament (ANSM) (dans le cadre d’un comité spécialisé scientifique temporaire dédié).

Pas d’urgence à broyer les médicaments ! — 13 juillet 2016
Comment standardiser au sein d’un état américain les concentrations des formes liquides orales fabriquées par les pharmacies pour les enfants ? —

Comment standardiser au sein d’un état américain les concentrations des formes liquides orales fabriquées par les pharmacies pour les enfants ?

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http://www.mipedscompounds.org

Une démarche de standardisation des concentrations des formes liquides orales fabriquées par les pharmacies pour les enfants a été menée au sein de l’Etat du Michigan.

Cette démarche a été initiée suite à une enquête qui a relevé qu’entre les pharmacies qui préparaient ces formes buvables pour les enfants, les concentrations étaient susceptibles de varier et qu’il n’y avait aucun référentiel pour guider les pharmaciens. Ainsi parmi 146 médicaments différents, 455 concentrations différentes étaient rapportées (avec de 1 à 9 concentrations différentes par médicament !). Pour la moitié des médicaments préparés sous forme liquide, 3 concentrations différentes étaient citées !

Le fait que l’enfant soit exposé à des concentrations variables entre l’hôpital et la pharmacie de ville, ou entre pharmacies de ville est susceptible de générer des sur- ou sous-dosages, car les parents non informés prélèvent alors un volume qui est similaire. Le médecin n’est pas toujours informé des variations entre la concentration. Des accidents potentiellement graves ont été décrits par exemple avec le flécainide, un anti-arythmique pour lequel il n’existe pas de forme adaptée chez l’enfant. Les auteurs ont décrit des accidents similaires au sein de l’hôpital, avec du baclofène préparé sous forme buvable, à des concentrations allant de 1 à 10 mg/mL.

L’article se concentre sur les modalités de standardisation. Pour chaque médicament concerné la gamme de dose a été déterminée à l’aide de Lexicomp pediatric° et neonatal Lexi-drugs°, analysée au regard des données de stabilité des formulations (d’au moins 30 jours), de la facilité de réalisation et de l’administration (avec des volumes cohérents) et pouvant correspondre à 85 % des pratiques. L’ensemble des concentrations proposée a été vérifiée par un comité de pédiatres et de médecins généralistes puis approuvée/promue par un ensemble d’associations de professionnels de santé de l’état de Michigan.

Un site web a été développé, avec l’ensemble des principes actifs :

www.mipedscompounds.org

A rajouter dans vos favoris !

Pour chacun d’entre eux, une monographie décrit la concentration retenue et le mode opératoire avec des données de stabilité et des références bibliographiques.

De plus, il est retrouvé des informations comme un courrier type à adresser au médecin et aux parents pour indiquer le changement de concentration.

Une enquête d’acceptation par les pharmacies a été mise en œuvre quelques mois après la mise en œuvre (avec des taux encore bas), et les taux de consultation du site web sont également présentés.

Vidéos pour la formation aux préparations et gestes de base des étudiants en pharmacie — 28 mai 2016

Vidéos pour la formation aux préparations et gestes de base des étudiants en pharmacie

site web

La faculté de pharmacie de l’Université de Caroline du Nord Eshelman aux Etats Unis a présenté la mise en place et l’évaluation de vidéos à destination des étudiants en pharmacie, pour les former aux gestes de bases et à l’activité de préparation, au cours de leurs études.

Un site web d’accès libre a été développé depuis 1999, et contenant quasiment 100 vidéos et animations.

http://pharmlabs.unc.edu/

Suite à une évolution récente du site, et à la mise à disposition d’outils de questions-réponses interactifs, les enseignants ont souhaité évaluer la perception des étudiants en pharmacie de cet outil et ont comparé la satisfaction et l’obtention des compétences des étudiants en pharmacie au cours de leurs 3 années d’étude, entre la précédente version et la plus récente version du site web.

Majoritairement, l’utilisation de ces ressources se faisait pour préparer les séances de travaux pratiques. La très grande majorité des étudiants y a eu recours, avec une consultation de l’ordre d’une à deux heures environ. Les formats des vidéos étaient jugés satisfaisants (quelques minutes et gestes montrés suffisamment lentement. Parmi l’ensemble des formats mis à disposition des étudiants, les formats vidéos étaient les préférés. Il a été montré que la consultation de ces vidéos améliorerait la  réussite dès la première fois de la manipulation à la séance de préparation.

En France, depuis de nombreuses années, la faculté de Pharmacie de Lille a mis à disposition des étudiants des vidéos pour les aider à la réussite des séances de travaux pratiques. Il est possible de les consulter sur le site de l’Université Numérique des Sciences Pharmaceutiques Francophone (UNSPF).

Antirétroviraux administrés broyés : quelle efficacité ? — 27 mai 2016

Antirétroviraux administrés broyés : quelle efficacité ?

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Des auteurs italiens ont rapporté l’utilisation chez un sujet de 70 ans de médicaments anti-rétroviraux broyés : tenofovir et emtricitabine, avec une solution de lopinavir/ritonavir. Un contrôle sérique des 4 antirétroviraux a été effectué, mettant en évidence un taux bas de lopinavir/ritonavir lié à une prise non associé à un repas léger.

Le raltegravir a été ajouté quelques mois après, sous forme de comprimés mâchables.

Après contrôle 5 mois aprèsle démarrage, les concentrations et aires sous la courbes étaient dans les valeurs normales, tout comme les paramètres immunologiques et virologiques.

Solution buvable d’amlodipine et bioéquivalence — 29 mars 2016

Solution buvable d’amlodipine et bioéquivalence

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Le pharmacien est en mesure de préparer des formes liquides parfois à partir de formes solides (comprimés, gélules) ce qui peut être utile chez l’enfant, chez le patient ayant des difficultés à avaler. Le pharmacien peut garantir, en respectant un mode opératoire écrit, l’obtention d’une concentration et d’une stabilité. Cependant il est retrouvé très peu de données dans la littérature sur l’impact biopharmaceutique (c’est-à-dire sur la mise à disposition du principe actif et sur l’absorption intestinale) ou pharmacocinétique de cette forme liquide comparativement à la forme solide.

Des pharmaciens hospitaliers hollandais ont étudié la biodisponibilité d’une forme liquide d’amlodipine besylate. Ce principe actif est hautement soluble et hautement perméable aux membranes (classe I BSC). Il n’existe pas de forme buvable destinée aux enfants.

Les auteurs ont opté pour une solution, plutôt qu’une suspension, toujours à risque d’être mal mélangée avant d’être administrée. Cette solution dosée à 0,5 mg/mL contient du methylparabène dans du propylène glycol et de sirop simple. La solution ainsi obtenue est stable au moins 1 an.

Le fait de faire une solution risque d’avoir un temps pour atteindre la concentration maximale réduite. Les auteurs ont souhaité vérifié chez des adultes cette hypothèse en comparant la biodisponibilité à celle  de comprimés de 5 mg ; l’étude était de type croisée, randomisée, menée chez 13 personnes. Le gout a été évalué sur une échelle de Likert en 5 points, avec une moyenne de 2,75 post prise (gout sucré-amer).

La biodisponibilité a été montrée équivalente, que ce soit sur l’aire sous la courbe ou le Cmax. Il  a été retrouvée un Tmax raccourci significativement sur le plan statistique, avec la solution, comparativement aux comprimés (médiane de 4h avec la solution, et de 6h avec le comprimé).

Ces données préliminaires permettront certainement le développement d’essais cliniques pharmacocinétiques de cette forme buvable chez l’enfant.

 

Troubles de déglutition et pravastatine : une forme buvable — 26 février 2016

Troubles de déglutition et pravastatine : une forme buvable

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Des patients ayant des difficultés pour avaler peuvent être en difficulté pour prendre des médicaments, notamment lorsqu’ils se présentent sous forme solide. C’est le cas du traitement anti-cholestérol par pravastatine (statine ou inhibiteur de la HMG co enzyme A) qui se présente uniquement sous forme de comprimé.

Une équipe italienne a étudié la réalisation et la stabilité d’une forme buvable fabriquée à partir de comprimés, dans un cadre pharmaceutique (fabriqués et contrôlés dans une pharmacie). Cela permet de disposer d’une forme facile à  administrer pour un patient ayant des troubles de déglutition, ou sondé (nécessitant une nutrition entérale).

La solution aqueuse de sel de pravastatine à 4 mg/mL était obtenue à partir de comprimés, d’une solution de bicarbonate de sodium et de conservateurs (parabènes). Le conditionnement était en polypropylène.

Il était étudié à la fois  la stabilité physico-chimique et microbiologique. il n’était pas précisé si la méthode analytique (par HPLC) permettait la détection de produits de dégradation.

La solution aqueuse est stable au moins 60 jours à température ambiante.

Médicaments et personnes âgées : défis pour une utilisation optimale des médicaments chez les patients déments et leur entourage — 22 février 2016

Médicaments et personnes âgées : défis pour une utilisation optimale des médicaments chez les patients déments et leur entourage

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Une récente revue de la littérature a abordé la problématique et les défis de l’optimisation de la prise médicamenteuse chez le patient dément, et de son entourage, souvent en charge de cette problématique. Ces patients sont souvent en difficulté pour ce qui est de l’observance et de la capacité à gérer ces médicaments.

Les auteurs ont ainsi analysé 16 articles récents, de méthodologie faible (5 sont des abstracts de congrès), issues de recherche qualitative ou quantitative. Les auteurs ont abouti à l’élaboration de recommandations.

Six grands thèmes ont été générés :

  • organisation et logistique
  • procédures d’administration
  • impact sur l’entourage prodiguant les soins (« caregiver »)
  • impact sur le patient ayant une démence
  • partenariat entre le patient et son entourage
  • comment ce partenariat interagit avec les professionnels professionnels 

Les principales difficultés relevées concernant l’organisation et la logistique concernent la difficulté à obtenir les médicaments (avec les prescriptions appropriées) et fournir les médicaments régulièrement à la maison. les soignants ont développé des stratégies pour maintenir un approvisionnement continu (carnet pour aider, autocollants sur les boites, sur-stocks,…)

Que ce soit le malade ou son entourage, des difficultés liées à l’administration des médicaments est souvent relevé. ainsi certains médicaments sont inutilisables, ou sont modifiés, sans prévenir de professionnel de santé. La nécessité d’avoir des formes adaptées (par exemple liquides chez des patients ne pouvant pas avaler) est souligné. Un tiers de l’entourage indique des difficultés liées à l’administration. l’entourage en charge de ce type de patient semble d’avantage stressé comparativement à d’autres entourages de malades non déments. La nécessité d’avoir une information claire est également soulignée. Des pratiques parfois à risque (déconditionnement, …) sont mis en oeuvre par l’entourage pour faciliter la prise chez le patient dément.

Par ailleurs dans les maisons de retraite, l’administration de médicaments à la demande (antidouleurs par exemple) est parfois difficile à évaluer par un entourage extérieur, non familier ne connaissant pas bien le patient et non capables de reconnaître des signes.

L’entourage impliqué vit généralement mal (anxiété, perturbation de la vie quotidienne, …) cette situation d’aidant ; leur ressenti évolue au fil de la maladie et du déclin. La mauvaise prise médicamenteuse ou le refus par le patient peut être mal vécue par l’entourage. ils ne disposent pas toujours d’informations ou de connaissances sur les médicaments pris par le patient, et une revue des médicaments a rarement été faite par le pharmacien.

Quand cet entourage n’est pas la famille (maison de retraite) les compétences ne sont pas les mêmes comparativement aux autres patients ne sont pas les mêmes, avec davantage de nécessité d’empathie et de patience.

Les recommandations de cette revue de la littérature sont de favoriser la communication entre tous les intervenants (y compris entre professionnels de santé impliqués dans la prise en charge du patient) ; les professionnels de santé ont besoin d’être davantage accessibles à l’entourage et au patient dément lui même.

La fourniture d’information claire en ce qui concerne les médicaments est vital. la mise en place de revue des médicaments par le pharmacien serait bienvenue. Enfin la délivrance d’un soutien personnalisé, d’entrainement et de meilleurs services pour faciliter l’administration devrait être mis en oeuvre. Une réévaluation par les médecins des prescriptions devrait régulièrement être faite, pour simplifier les schémas de prise, les capacités d’avaler (d’une forme solide à liquide), …

 

Médicaments et personnes âgées : modalités d’ouverture des blisters —

Médicaments et personnes âgées : modalités d’ouverture des blisters

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Pour les médicaments, les formes sèches (comprimés, gélules) sont souvent contenues dans des blisters. Or ces derniers sont parfois difficiles à ouvrir, notamment pour les personnes âgés.

Des données récentes ont montré – paradoxalement – que des modalités d’ouverture avec une force importante haute étaient notés par un panel d’utilisateurs comme faciles à manipuler.

Un récent travail a évalué la force d’ouverture, et l’influence de la transparence et de la place qu’a le comprimé dans le blister. Cette évaluation a été effectué sur un panel de 20 personnes âgées (de 65 à 80 ans). Les essais étaient réalisés selon la norme CEN/TS 15945, en 3 étapes : mesure d’efficience, efficacité (sur un second blister similaire) et satisfaction (sur une échelle à 5 points).

Le temps  d’ouverture pour les blisters opaques étaient globalement similaires à celui pour les blisters transparents (3 vs 4,5 secondes !). Les blisters qui ont apporté le plus de satisfaction en termes d’ouverture sont ceux contenant un comprimé ou gélule de forme proche, très bien adapté à celle du blister (ne pouvant pas bouger dans le blister).

Cela intéressera les pharmaciens impliqués dans les activités de reconditionnement, avec un élément pouvant entrer comme critère de choix pour les blisters et l’équipement.