Preparations hospitalieres et magistrales

veille bibliographique en langue française sur la préparation/fabrication de médicaments en pharmacie à l'hopital et en pharmacie d'officine

Comment standardiser au sein d’un état américain les concentrations des formes liquides orales fabriquées par les pharmacies pour les enfants ? — 13 juillet 2016

Comment standardiser au sein d’un état américain les concentrations des formes liquides orales fabriquées par les pharmacies pour les enfants ?

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http://www.mipedscompounds.org

Une démarche de standardisation des concentrations des formes liquides orales fabriquées par les pharmacies pour les enfants a été menée au sein de l’Etat du Michigan.

Cette démarche a été initiée suite à une enquête qui a relevé qu’entre les pharmacies qui préparaient ces formes buvables pour les enfants, les concentrations étaient susceptibles de varier et qu’il n’y avait aucun référentiel pour guider les pharmaciens. Ainsi parmi 146 médicaments différents, 455 concentrations différentes étaient rapportées (avec de 1 à 9 concentrations différentes par médicament !). Pour la moitié des médicaments préparés sous forme liquide, 3 concentrations différentes étaient citées !

Le fait que l’enfant soit exposé à des concentrations variables entre l’hôpital et la pharmacie de ville, ou entre pharmacies de ville est susceptible de générer des sur- ou sous-dosages, car les parents non informés prélèvent alors un volume qui est similaire. Le médecin n’est pas toujours informé des variations entre la concentration. Des accidents potentiellement graves ont été décrits par exemple avec le flécainide, un anti-arythmique pour lequel il n’existe pas de forme adaptée chez l’enfant. Les auteurs ont décrit des accidents similaires au sein de l’hôpital, avec du baclofène préparé sous forme buvable, à des concentrations allant de 1 à 10 mg/mL.

L’article se concentre sur les modalités de standardisation. Pour chaque médicament concerné la gamme de dose a été déterminée à l’aide de Lexicomp pediatric° et neonatal Lexi-drugs°, analysée au regard des données de stabilité des formulations (d’au moins 30 jours), de la facilité de réalisation et de l’administration (avec des volumes cohérents) et pouvant correspondre à 85 % des pratiques. L’ensemble des concentrations proposée a été vérifiée par un comité de pédiatres et de médecins généralistes puis approuvée/promue par un ensemble d’associations de professionnels de santé de l’état de Michigan.

Un site web a été développé, avec l’ensemble des principes actifs :

www.mipedscompounds.org

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Pour chacun d’entre eux, une monographie décrit la concentration retenue et le mode opératoire avec des données de stabilité et des références bibliographiques.

De plus, il est retrouvé des informations comme un courrier type à adresser au médecin et aux parents pour indiquer le changement de concentration.

Une enquête d’acceptation par les pharmacies a été mise en œuvre quelques mois après la mise en œuvre (avec des taux encore bas), et les taux de consultation du site web sont également présentés.

Vidéos pour la formation aux préparations et gestes de base des étudiants en pharmacie — 28 mai 2016

Vidéos pour la formation aux préparations et gestes de base des étudiants en pharmacie

site web

La faculté de pharmacie de l’Université de Caroline du Nord Eshelman aux Etats Unis a présenté la mise en place et l’évaluation de vidéos à destination des étudiants en pharmacie, pour les former aux gestes de bases et à l’activité de préparation, au cours de leurs études.

Un site web d’accès libre a été développé depuis 1999, et contenant quasiment 100 vidéos et animations.

http://pharmlabs.unc.edu/

Suite à une évolution récente du site, et à la mise à disposition d’outils de questions-réponses interactifs, les enseignants ont souhaité évaluer la perception des étudiants en pharmacie de cet outil et ont comparé la satisfaction et l’obtention des compétences des étudiants en pharmacie au cours de leurs 3 années d’étude, entre la précédente version et la plus récente version du site web.

Majoritairement, l’utilisation de ces ressources se faisait pour préparer les séances de travaux pratiques. La très grande majorité des étudiants y a eu recours, avec une consultation de l’ordre d’une à deux heures environ. Les formats des vidéos étaient jugés satisfaisants (quelques minutes et gestes montrés suffisamment lentement. Parmi l’ensemble des formats mis à disposition des étudiants, les formats vidéos étaient les préférés. Il a été montré que la consultation de ces vidéos améliorerait la  réussite dès la première fois de la manipulation à la séance de préparation.

En France, depuis de nombreuses années, la faculté de Pharmacie de Lille a mis à disposition des étudiants des vidéos pour les aider à la réussite des séances de travaux pratiques. Il est possible de les consulter sur le site de l’Université Numérique des Sciences Pharmaceutiques Francophone (UNSPF).

Préparation dans les pharmacies hospitalières européennes : résultats d’une enquête — 8 mars 2016

Préparation dans les pharmacies hospitalières européennes : résultats d’une enquête

drapeau europe

A quelques jours de son congrès annuel, à Vienne en Autriche, l’association européenne en pharmacie hospitalière (EAHP) a mis en ligne  au travers de son journal European Journal of Hospital Pharmacy, et de son site web les résultats de son enquête sur les pratiques de pharmacie hospitalière en Europe, dont la mise en application des différents points prévus dans la Déclaration de Bâle datant de 2014.

Cette enquête porte dans sa section 3 sur la production et la préparation. 92% des pharmacies hospitalières européennes ayant répondu vérifient systématiquement l’absence de spécialité avant d’entreprendre une préparation. 91% de ceux qui ont répondu réalisent ou font réaliser ces préparations quand nécessaire.

Il est ainsi relevé au travers de cette enquête européenne que peu de barrière empêche la production et la préparation dans les pharmacies à l’hôpital, à la différence d’autres enjeux tels que la pharmacie clinique par exemple.

APROKAM ? préparation hospitalière de cefuroxime ? Enquête mondiale de 2014 auprès des ophtalmologistes sur leur pratique en termes d’antibioprophylaxie de la chirurgie de la cataracte — 2 août 2015

APROKAM ? préparation hospitalière de cefuroxime ? Enquête mondiale de 2014 auprès des ophtalmologistes sur leur pratique en termes d’antibioprophylaxie de la chirurgie de la cataracte

Une enquête en ligne a été réalisée en 2014 publiée dans JCRS concernant les pratiques en termes d’antibioprophylaxie antibiotique dans le cadre de la chirurgie de la cataracte.

La chirurgie de la cataracte est la chirurgie la  plus réalisée dans le monde. L’un des risques post opératoires de cette intervention est l’endophtalmie. Des recommandations aussi bien européennes (2013) qu’américaines (2011) recommandent une antibioprophylaxie à base de cefuroxime injecté par voie intracamérulaire.

Cette enquête fait suite à une précédente enquête de 2007.

15% des membres sollicités de l’ASCRS ont répondu à l’enquête (65 % d’américains US,  9 % d’Européens).

Parmi eux 81% des répondeurs indiquent avoir entre 0 et 2 endophtalmies rapportées pour 10 000 interventions.

90% rapportent l’utilisation d’un topique antibiotique au cours de la chirurgie (avec la majorité employant les fluoroquinolones de 4ème génération).

En fin d’intervention, 36% réalisent une injection intracamérulaire (davantage qu’en 2007, avec 14% des répondeurs).

Par voie intracamérulaire, la moxifloxacine (33%), la vancomycine (37%) et le cefuroxime (26%) étaient employés. Dans les cas où l’APROKAM (spécialité industrielle de cefuroxime uniquement disponible en Europe) n’était pas employé, les antibiotiques étaient préparés par les IBODE dans 65% des cas et par la pharmacie dans 24% des cas.

Ceux qui n’emploient pas la voie intracamérulaire le justifient par un manque d’évidence (65% des cas) et par les risques liés à la préparation de la seringue (49%).

Parmi ceux qui ne disposent pas de spécialité adaptée à l’injection intracamérulaire , 69% indique qu’ils utiliseraient la spécialité si elle était mise à disposition et à un coût acceptable.

Parmi les chirurgiens qui utilisent un antibiotique par voie intracamérulaire préparé (par la pharmacie ou dans le bloc), 94% ne rapportent aucune complication. Chez les 6% indiquant une complication, celles rapportées sont très majoritairement une inflammation/syndrome du segment antérieur toxique (24 réponses), une blessure au niveau de l’endothélium cornéen (10 réponses) et une infection (3 réponses).