Preparations hospitalieres et magistrales

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APROKAM ? préparation hospitalière de cefuroxime ? Enquête mondiale de 2014 auprès des ophtalmologistes sur leur pratique en termes d’antibioprophylaxie de la chirurgie de la cataracte — 2 août 2015

APROKAM ? préparation hospitalière de cefuroxime ? Enquête mondiale de 2014 auprès des ophtalmologistes sur leur pratique en termes d’antibioprophylaxie de la chirurgie de la cataracte

Une enquête en ligne a été réalisée en 2014 publiée dans JCRS concernant les pratiques en termes d’antibioprophylaxie antibiotique dans le cadre de la chirurgie de la cataracte.

La chirurgie de la cataracte est la chirurgie la  plus réalisée dans le monde. L’un des risques post opératoires de cette intervention est l’endophtalmie. Des recommandations aussi bien européennes (2013) qu’américaines (2011) recommandent une antibioprophylaxie à base de cefuroxime injecté par voie intracamérulaire.

Cette enquête fait suite à une précédente enquête de 2007.

15% des membres sollicités de l’ASCRS ont répondu à l’enquête (65 % d’américains US,  9 % d’Européens).

Parmi eux 81% des répondeurs indiquent avoir entre 0 et 2 endophtalmies rapportées pour 10 000 interventions.

90% rapportent l’utilisation d’un topique antibiotique au cours de la chirurgie (avec la majorité employant les fluoroquinolones de 4ème génération).

En fin d’intervention, 36% réalisent une injection intracamérulaire (davantage qu’en 2007, avec 14% des répondeurs).

Par voie intracamérulaire, la moxifloxacine (33%), la vancomycine (37%) et le cefuroxime (26%) étaient employés. Dans les cas où l’APROKAM (spécialité industrielle de cefuroxime uniquement disponible en Europe) n’était pas employé, les antibiotiques étaient préparés par les IBODE dans 65% des cas et par la pharmacie dans 24% des cas.

Ceux qui n’emploient pas la voie intracamérulaire le justifient par un manque d’évidence (65% des cas) et par les risques liés à la préparation de la seringue (49%).

Parmi ceux qui ne disposent pas de spécialité adaptée à l’injection intracamérulaire , 69% indique qu’ils utiliseraient la spécialité si elle était mise à disposition et à un coût acceptable.

Parmi les chirurgiens qui utilisent un antibiotique par voie intracamérulaire préparé (par la pharmacie ou dans le bloc), 94% ne rapportent aucune complication. Chez les 6% indiquant une complication, celles rapportées sont très majoritairement une inflammation/syndrome du segment antérieur toxique (24 réponses), une blessure au niveau de l’endothélium cornéen (10 réponses) et une infection (3 réponses).

Impact sur les budgets hospitaliers : les seringues de cefuroxime intra-camérulaire préparés dans les hôpitaux sont moins chères que la spécialité non adaptée ! —

Impact sur les budgets hospitaliers : les seringues de cefuroxime intra-camérulaire préparés dans les hôpitaux sont moins chères que la spécialité non adaptée !

Des membres de Théa ont comparé, dans le cadre d’une publication en libre accès, différentes stratégies économiques et l’impact budgétaire concernant l’injection intracamérulaire de cefuroxime en fin d’intervention ; les stratégies comparées étaient :

  • utilisation de l’APROKAM (spécialité industrielle de cefuroxime), qui nécessite une reconstitution avec 5 mL de solvant et reprise d’un volume avec une seringue de 1 mL pour injection de 0,1 mL.
  • Préparation d’une seringue prête à l’emploi de 1 mL contenant le cefuroxime à la pharmacie
  • Préparation d’une seringue dans le bloc

La comparaison des coûts s’est faite sur la base de données de coûts britanniques, rapportés sur 1000 interventions environ, sur 5 ans, et prend en compte les coûts de personnel, des consommables, des équipements et du cefuroxime lui même. La préparation faite à la pharmacie consistait en une préparation hebdomadaire de 26 seringues.

Le détail des coûts pour les 3 stratégies avec l’ensemble des ressources impliqué et un coût pour chaque  élément estimé à partir des données de la littérature est fourni.

Sur 5 ans, la stratégie la moins couteuse est la préparation à la pharmacie (55 875 livres), puis l’utilisation de l’Aprokam° (cefuroxime) (69 052 livres), puis la préparation dans le service (72 541 livres). Le coût du flacon d’aprokam est de 65 fois le coût de la seringue de cefuroxime.

Notons que les recommandations de préparation à la pharmacie décrites dans le formulaire national prévoient même la possibilité de préparer davantage de seringue, donc l’extrapolation sur le modèle français fournirait encore un coût moindre pour la préparation faite à la pharmacie.

Méfiance dans les publications en libre accès écrites par des personnels salariés de l’industrie pharmaceutique !

Erreur liée à une préparation et conséquence clinique : céfuroxime intracamérulaire et oedème maculaire transitoire —

Erreur liée à une préparation et conséquence clinique : céfuroxime intracamérulaire et oedème maculaire transitoire

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Des cas d’œdème maculaire transitoire ont été décrits après l’administration de seringues de cefuroxime par voie intracamérulaire 10 fois trop dosées.

Les ophtalmologistes ont étudié les conséquences de cette administration dans un article court.

La préparation des seringues était réalisée à la pharmacie, semble t il quotidiennement.

L’erreur provenait d’un changement dans la matière première employée (Cefuroxime° 1,5 g au lieu de 750 mg) et l’oubli d’une étape de dilution (la préparation a été faite par un autre membre non habitué de la pharmacie). Le contrôle libératoire n’a semble t il pas été fait ce jour là. L’hopital est alors passé vers un sous-traitant pharmaceutique pour effectuer cette préparation, suite à cet accident.

13 yeux ayant bénéficié de ce médicament préparé à la mauvaise concentration ont été étudiés. Une baisse de l’acuité visuelle était retrouvée de 19 à 75 %, et un retour à la normale était constaté au pire une semaine plus tard. Il semble que l’œdème maculaire transitoire retrouvé est lié à l’hyper-osmolarité de la préparation.