Preparations hospitalieres et magistrales

veille bibliographique en langue française sur la préparation/fabrication de médicaments en pharmacie à l'hopital et en pharmacie d'officine

Broyer le comprimé de dolutegravir (un antirétroviral) : à propos d’un cas — 8 août 2016

Broyer le comprimé de dolutegravir (un antirétroviral) : à propos d’un cas

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Des auteurs américains rapportent dans l’AJHP le broyage de dolutegravir (ticivay° – non disponible en France) chez un patient, également traité par tenofovir-emtricitabine (truvada°) (broyé également), avec une disparition du virus dans le sang (donc une efficacité du traitement) 4 semaines après  le démarrage du traitement, et une élévation des défenses immunitaires (LT CD4).  Le patient a broyé ses comprimés car il rapportait des difficultés de déglutition au cours de sa vie.

les comprimés étaient broyés avant la prise par le patient et mélangés à de la compote. Le laboratoire avait indiqué qu’il était possible de broyer les comprimés de tenofovir-emtricitabine et de dolutegravir, et on disposait déjà de données minimales lors du broyage de l’emtricitabine-tenofovir, mais il s’agissait de la première description d’une efficacité du dolutegravir après broyage du comprimé.

 

Pas d’urgence à broyer les médicaments ! — 13 juillet 2016
Comment standardiser au sein d’un état américain les concentrations des formes liquides orales fabriquées par les pharmacies pour les enfants ? —

Comment standardiser au sein d’un état américain les concentrations des formes liquides orales fabriquées par les pharmacies pour les enfants ?

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http://www.mipedscompounds.org

Une démarche de standardisation des concentrations des formes liquides orales fabriquées par les pharmacies pour les enfants a été menée au sein de l’Etat du Michigan.

Cette démarche a été initiée suite à une enquête qui a relevé qu’entre les pharmacies qui préparaient ces formes buvables pour les enfants, les concentrations étaient susceptibles de varier et qu’il n’y avait aucun référentiel pour guider les pharmaciens. Ainsi parmi 146 médicaments différents, 455 concentrations différentes étaient rapportées (avec de 1 à 9 concentrations différentes par médicament !). Pour la moitié des médicaments préparés sous forme liquide, 3 concentrations différentes étaient citées !

Le fait que l’enfant soit exposé à des concentrations variables entre l’hôpital et la pharmacie de ville, ou entre pharmacies de ville est susceptible de générer des sur- ou sous-dosages, car les parents non informés prélèvent alors un volume qui est similaire. Le médecin n’est pas toujours informé des variations entre la concentration. Des accidents potentiellement graves ont été décrits par exemple avec le flécainide, un anti-arythmique pour lequel il n’existe pas de forme adaptée chez l’enfant. Les auteurs ont décrit des accidents similaires au sein de l’hôpital, avec du baclofène préparé sous forme buvable, à des concentrations allant de 1 à 10 mg/mL.

L’article se concentre sur les modalités de standardisation. Pour chaque médicament concerné la gamme de dose a été déterminée à l’aide de Lexicomp pediatric° et neonatal Lexi-drugs°, analysée au regard des données de stabilité des formulations (d’au moins 30 jours), de la facilité de réalisation et de l’administration (avec des volumes cohérents) et pouvant correspondre à 85 % des pratiques. L’ensemble des concentrations proposée a été vérifiée par un comité de pédiatres et de médecins généralistes puis approuvée/promue par un ensemble d’associations de professionnels de santé de l’état de Michigan.

Un site web a été développé, avec l’ensemble des principes actifs :

www.mipedscompounds.org

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Pour chacun d’entre eux, une monographie décrit la concentration retenue et le mode opératoire avec des données de stabilité et des références bibliographiques.

De plus, il est retrouvé des informations comme un courrier type à adresser au médecin et aux parents pour indiquer le changement de concentration.

Une enquête d’acceptation par les pharmacies a été mise en œuvre quelques mois après la mise en œuvre (avec des taux encore bas), et les taux de consultation du site web sont également présentés.

Médicaments administrés par voie orale aux enfants hospitalisés : expérience d’1 an dans un hôpital français — 15 février 2016

Médicaments administrés par voie orale aux enfants hospitalisés : expérience d’1 an dans un hôpital français

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Nos collègues lyonnais ont relevé dans une étude les médicaments administrés per os (par voie orale) aux enfants hospitalisés durant 1 année dans un hôpital ; cela représente l’analyse de 117665 doses administrées chez 1998 enfants (57% du total des doses administrées). Ils ont analysé ces consommations en fonction de l’âge de l’enfant (dans les groupes [0 à 27 jours] « term newborn infant » ; [28 j à 23 mois] « infants » ; [2-11 ans] « children » ; [12-15 ans] ou adolescents.

Que savait-on ?

Un médicament est dit approprié pour la pédiatrie s’il est sans risque (sans excipient toxique), bien toléré, facile à utiliser, transportable, et avec un dosage adapté.

Réduire le nombre de manipulation et respecter le mode de vie de l’enfant pourrait améliorer l’acceptabilité et l’observance.  Aussi le gout et l’odeur, le volume de liquide ou la taille des formes à avaler, et la fréquence de dosage influencent aussi l’observance.

Qu’a permis d’apprendre cette étude ?

Les 5 médicaments les plus administrés étaient le furosémide, les mélanges multivitaminiques ADEC, le paracétamol, l’esoméprazole et l’acide ursodesoxycholique.

Les formes liquides étaient les plus utilisées avant 6 ans, et encore largement employés après 6 ans (un tiers des doses !). Les formes liquides prêtes à l’emploi représentent quasiment 58% des doses, les solides à reconstituer (poudre, granules, comprimés effervescents), 14,5% et les formes solides 28%.

Parmi les formes fabriquées par la pharmacie, le captopril en solution était le 9ème médicament sous forme buvable le plus employé chez le nouveau né à terme, et le spironolactone en solution le 4ème médicament sous forme buvable le plus employé chez le nourrisson.

Les gélules fabriquées par la pharmacie de l’hopital et citées étaient le propranolol, l’hydrocortisone, l’amlodipine, l’amiodarone, le bumétanide, le carbonate de calcium et le benzoate de sodium. Ces gélules préparées étaient particulièrement employées chez le nouveau-né à terme et le nourrisson.

Ces médicaments fabriqués par la pharmacie de l’hôpital (en l’absence de spécialité industrielle convenable) représentent 12% des médicaments administrés en pédiatrie. 

Effet du surdosage de cefuroxime injecté dans l’oeil en intracamérulaire ! — 24 juillet 2015

Effet du surdosage de cefuroxime injecté dans l’oeil en intracamérulaire !

Il est actuellement évoqué le risque de supprimer la formule des préparations des seringues pré-remplies de cefuroxime au niveau du formulaire national, du fait de la disponibilité de flacons contenant 50 mg de poudre de cefuroxime (APROKAM°).

Or l’APROKAM° expose à une mauvaise reconstitution puisqu’il faut injecter 5 mL de solvant avec une seringue et reprélever avec une autre seringue de 1 mL), un article récent (Olavi 2012) rappelle les risques inhérents à une mauvaise préparation et à l’administration de 10 à 100 fois la dose prévue.

Une cohorte de 16 patients a reçu une surdose de cefuroxime préparé par le bloc, à partir d’informations de reconstitution provenant d’un fax tronqué (!), sans double vérification. Les effets indésirables étaient, le lendemain de l’intervention, une vue trouble et une cornée oedématiée, et dans les jours suivants, une pression intraoculaire anormale, la présence de précipités dans la chambre antérieure, perte de cellules endothéliales de la cornée, changements pigmentaires de la rétine, …