Preparations hospitalieres et magistrales

veille bibliographique en langue française sur la préparation/fabrication de médicaments en pharmacie à l'hopital et en pharmacie d'officine

Contrôle qualité des chimiothérapies par UV Raman : comparaison à la chromatographie — 8 mars 2021

Contrôle qualité des chimiothérapies par UV Raman : comparaison à la chromatographie

Les chimiothérapies sont reconstituées de manière centralisée dans les pharmacies des hopitaux, afin de réduire l’exposition des soignants aux produits, et pour permettre une meilleure gestion des restes de flacons (reliquats). Ces reconstitutions sont adaptées à chaque patient, en terme de dose, en fonction de son poids, etc,…

Pour améliorer les modalités de préparation il est essentiel de réaliser des contrôles sur chacune de ces préparations, afin d’identifier d’éventuelles erreurs de dose ou de principe actif. Plusieurs techniques de contrôle existent, et parmi les plus employées pour sa fiabilité et son caractère non invasif (réduisant la contamination), on retrouve la spectroscopie Raman couplée à l’absorption UV.

Peu de données existent comparant cette technique UV Raman, à d’autres techniques telles que l’HPLC-UV-DAD, qui est plus complexe à mettre en œuvre, basée sur la séparation des analytes.

Une équipe allemande a publié, dans le journal scientifique ABC, une comparaison de ces deux techniques réalisées sur une même poche de chimiothérapie. Cinq principes actifs chimiques ont été employés : 5-fluorouracil, cyclophosphamide, gemcitabine, irinotecan et paclitaxel.

L’analyse a porté sur 136 préparations, provenant de 45 hopitaux. Toutes les préparations étaient diluées dans du NaCl 0,9%. Pour l’HPCL les échantillons étaient diluées (dans du NaCl 0,9%), à la différence des échantillons destinées au Raman. Les résultats étaient présentés en incertitude (uncertainity), calculée comme la racine de la somme des erreurs au carré.

Les incertitudes entre les deux techniques étaient comparables pour le 5-fluorouracile, cyclophosphamide et gemcitabine, alors que des différences sont retrouvées pour l’irinotécan et le paclitaxel. Fortement concentrées, les solutions de ces deux principes actifs ont montré une viscosité plus élevée et une nette tendance à mousser, ce qui peut entraîner des problèmes pendant le processus d’injection par l’échantillonneur automatique.

Peu d’études comparatives ont été réalisées. Ainsi la technique par Raman-UV est dépendante de la composition de la formulation, et ses limites (notamment liées à la formulation et à l’éventuelle préparation de l’échantillon) doivent être prises en compte.

L’UV-Raman pour le contrôle des molécules anticancers dans la pharmacie d’un hopital — 2 février 2016

L’UV-Raman pour le contrôle des molécules anticancers dans la pharmacie d’un hopital

backscatter

Les pharmaciens de l’hôpital de Strasbourg présentent dans un récent travail un retour d’expérience sur 18 mois de l’utilisation de l’UV-Raman dans la préparation des cytotoxiques à la pharmacie.

La spectrométrie UV Raman est employée pour l’identification et le contrôle d’un certain nombre de cytotoxiques et les solvants associés (5-Fluorouracile ; Carboplatin ; Cisplatin; cyclophosphamide dans 2 solvants; dacarbazine dans 2 solvants ; docetaxel ; doxorubicin dans 2 solvants ; etoposide ; Gemcitabine ; Ifosfamide dans 2 solvants; Oxaliplatine ; Paclitaxel ; Pemetrexed ; topotecan ; vinblastine, vincristine ; vinorelbine).

Cette technique a été mise en oeuvre sur quasiment 6000 échantillons. Sur le plan qualitatif, dans plus de 99% des cas, cela a permis l’identification de la molécule et/ou de son solvant. Sur le plan quantitatif 1,52% des analyses a retrouvé un écart supérieur à la valeur seuil attendue (15%). La mise en place de cette technique a permis d’améliorer les pratiques de préparation (avec le cas du pemetrexed et du cyclophosphamide dans le cas présent).