Preparations hospitalieres et magistrales

veille bibliographique en langue française sur la préparation/fabrication de médicaments en pharmacie à l'hopital et en pharmacie d'officine

Quelle précision avec les petits volumes en pédiatrie ? — 18 mai 2017

Quelle précision avec les petits volumes en pédiatrie ?

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L’utilisation des médicaments liquides chez l’enfant (par voie orale ou injectable) nécessite souvent de manipuler de petits volumes, du fait de l’emploi de médicaments adaptés à l’adulte, donc inadaptés à l’enfant, ou avec des dispositifs non adaptés pour manipuler ces volumes.

Une revue de la littérature menée par une équipe britannique s’est intéressée à l’étude de cette problématique.

On y apprend, pour les médicaments injectables, que davantage d’erreurs proviennent d’un volume mal prélevé, d’ou une dose administrée différente de celle attendue, comparativement au risque d’erreur de calcul.

Malgré la mise en oeuvre du réglement dit « pédiatrique » et le développement de la recherche clinique en pédiatrie, les nouveaux nés restent un groupe encore négligé car ne sont concernés par 30% des PIP développés actuellement.

Des données indiquent que 12,3% des doses prescrites de médicaments pédiatriques liquides dans les unités de néonatologie de soins intensifs, ne sont pas mesurables avec les médicaments disponibles.

La manipulation de volumes inférieurs à 0,1 mL (par voie entérale ou intraveineuse) concerne 25% des manipulations de médicaments pour les services hospitaliers de pédiatrie et de néonatologie. Dans un service de soins intensifs pédiatriques, 25% des patients ont eu un médicament avec un volume inférieur à 0,2 mL, avec 80 % des médicaments injectables.

Sur la préparation des injectables, les taux d’erreur de précision rapportés dans une étude était de 19,2% quand réalisé dans le service de soins (erreur de plus ou moins de 7,5% par rapport à la concentration attendue) contre 7,8% quand préparé à la pharmacie.  93% des erreurs étaient liés à un volume à prélever inférieur à 1 mL. Aussi de manière plus générale, la préparation des injectables dans le service de soins est plus à risque d’erreur (tout type d’erreur confondue), comparativement à une préparation centralisée.  L’utilisation de seringues prêtes à l’emploi réduit aussi le risque lors de l’utilisation.

D’autres évaluations sur la préparation d’opioïdes en néonatologie au Canada a montré que 2/3 des perfusions en dehors des limites de variation, et 6% qui avaient une erreur de 2 fois la concentration attendue.

Les erreurs peuvent aussi liées aux équipements et dispositifs médicaux employés.

Il n’existe pas de référentiel pour aider à réduire ces imprécisions. De nombreuses études ont été réalisées sur l’insuline, et sur les modalités d’administration, avec une erreur quand administré avec un stylo ou avec une seringue.

L’implémentation de concentrations standardisées pour la préparation des injectables permet de réduire l’erreur de précision en pédiatrie.

Médicaments et personnes âgées : défis pour une utilisation optimale des médicaments chez les patients déments et leur entourage — 22 février 2016

Médicaments et personnes âgées : défis pour une utilisation optimale des médicaments chez les patients déments et leur entourage

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Une récente revue de la littérature a abordé la problématique et les défis de l’optimisation de la prise médicamenteuse chez le patient dément, et de son entourage, souvent en charge de cette problématique. Ces patients sont souvent en difficulté pour ce qui est de l’observance et de la capacité à gérer ces médicaments.

Les auteurs ont ainsi analysé 16 articles récents, de méthodologie faible (5 sont des abstracts de congrès), issues de recherche qualitative ou quantitative. Les auteurs ont abouti à l’élaboration de recommandations.

Six grands thèmes ont été générés :

  • organisation et logistique
  • procédures d’administration
  • impact sur l’entourage prodiguant les soins (« caregiver »)
  • impact sur le patient ayant une démence
  • partenariat entre le patient et son entourage
  • comment ce partenariat interagit avec les professionnels professionnels 

Les principales difficultés relevées concernant l’organisation et la logistique concernent la difficulté à obtenir les médicaments (avec les prescriptions appropriées) et fournir les médicaments régulièrement à la maison. les soignants ont développé des stratégies pour maintenir un approvisionnement continu (carnet pour aider, autocollants sur les boites, sur-stocks,…)

Que ce soit le malade ou son entourage, des difficultés liées à l’administration des médicaments est souvent relevé. ainsi certains médicaments sont inutilisables, ou sont modifiés, sans prévenir de professionnel de santé. La nécessité d’avoir des formes adaptées (par exemple liquides chez des patients ne pouvant pas avaler) est souligné. Un tiers de l’entourage indique des difficultés liées à l’administration. l’entourage en charge de ce type de patient semble d’avantage stressé comparativement à d’autres entourages de malades non déments. La nécessité d’avoir une information claire est également soulignée. Des pratiques parfois à risque (déconditionnement, …) sont mis en oeuvre par l’entourage pour faciliter la prise chez le patient dément.

Par ailleurs dans les maisons de retraite, l’administration de médicaments à la demande (antidouleurs par exemple) est parfois difficile à évaluer par un entourage extérieur, non familier ne connaissant pas bien le patient et non capables de reconnaître des signes.

L’entourage impliqué vit généralement mal (anxiété, perturbation de la vie quotidienne, …) cette situation d’aidant ; leur ressenti évolue au fil de la maladie et du déclin. La mauvaise prise médicamenteuse ou le refus par le patient peut être mal vécue par l’entourage. ils ne disposent pas toujours d’informations ou de connaissances sur les médicaments pris par le patient, et une revue des médicaments a rarement été faite par le pharmacien.

Quand cet entourage n’est pas la famille (maison de retraite) les compétences ne sont pas les mêmes comparativement aux autres patients ne sont pas les mêmes, avec davantage de nécessité d’empathie et de patience.

Les recommandations de cette revue de la littérature sont de favoriser la communication entre tous les intervenants (y compris entre professionnels de santé impliqués dans la prise en charge du patient) ; les professionnels de santé ont besoin d’être davantage accessibles à l’entourage et au patient dément lui même.

La fourniture d’information claire en ce qui concerne les médicaments est vital. la mise en place de revue des médicaments par le pharmacien serait bienvenue. Enfin la délivrance d’un soutien personnalisé, d’entrainement et de meilleurs services pour faciliter l’administration devrait être mis en oeuvre. Une réévaluation par les médecins des prescriptions devrait régulièrement être faite, pour simplifier les schémas de prise, les capacités d’avaler (d’une forme solide à liquide), …