Preparations hospitalieres et magistrales

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Suppositoires d’olanzapine pour les patients en phase terminale — 22 octobre 2016

Suppositoires d’olanzapine pour les patients en phase terminale

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Le délire, ainsi que les nausées et vomissements, associé à la fin de vie (soins palliatifs) chez les patients en phase terminal est complexe en termes de prise en charge.

Dans cette situation l’halopéridol est souvent employé en premier intention, mais est torsadogène et a des effets extra pyramidaux.

L’olanzapine peut également être employé mais pas par voie orale, les patients dans ce contexte ne pouvant rien avaler, dans un contexte de nausée et de vomissement.

Dans ce contexte la voie rectale est potentiellement intéressante, comparativement à la voie injectable, moins invasive et plus simple à mettre en oeuvre.

Un équipe pharmaceutique hospitalière japonaise a développé des suppositoires d’olanzapine et a réalisé un essai clinique dans ce contexte.

Pour cette préparation, des comprimés de zyprexa à 2,5mg ont été broyés, puis tamisés à 50 Mesh.

Trois excipients bases pour suppositoires ont été comparés : witepsol H15, S55 et E75.

Des essais de libération de l’olanzapine ont été réalisés, au travers du profil de dissolution par la méthode alternative du tube de dialyse avec taraudage.

Des essais de teneur, de dureté et de stabilité ont été réalisés.

Un essai clinique a été ensuite mené chez 24 patients afin d’évaluer l’efficacité sur les délires et sur les nausées, ainsi que la tolérance (somnolence, diarrhée, irritation locale).

La libération a été la plus rapide avec le witepsol H15, base selectionnée pour la suite de l’évaluation. Une instabilité dans le temps est apparue quand conservé à température ambiante et sans protection à la lumière. La répartition du principe actif dans le suppositoire n’était pas homogène, ne permettant pas de le couper.

La durée moyenne d’utilisation est de 11 jours. Un effet positif sur les délires a été retrouvé dans 82% des cas, sur les nausées et vomissements dans 57% des cas. L’effet sédatif recherché en fin de vie, a été retrouvé.

Les auteurs ont comme perspective de doser dans le sang l’olanzapine par une méthode analytique dédiée (LC-MS-MS), de manière à connaitre les paramètres pharmacocinétiques (dont la part de la dose subissant un premier passage hépatique).

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Suppositoires de miansérine dans les prises en charge de délires : évaluation chez l’animal et le volontaire sain — 27 mai 2016

Suppositoires de miansérine dans les prises en charge de délires : évaluation chez l’animal et le volontaire sain

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Peu de médicaments peuvent être employés dans le traitement des délires. Les antipsychotiques et certains anti-dépresseurs ont été employés dans ce cadre, mais à part l’halopéridol injecté, aucun médicament n’existe sous forme non orale.

Le miansérine est un antidépresseur commercialisé en comprimé sous le nom d’Athymil° à 10, 30 ou 60 mg.

D’après le site pharmacorama :

La miansérine augmente aussi la concentration de noradrénaline au niveau synaptique, non par inhibition de sa recapture, mais par augmentation de sa libération, en inhibant les récepteurs a2 présynaptiques. Elle a de plus un effet antihistaminique H1 pouvant expliquer son effet sédatif mais est dépourvue d’effet atropinique.

Des utilisations du miansérine dans le délire ont été rapportées (suivis de cohorte).

Des auteurs japonais ont présenté dans un journal en libre accès le développement de suppositoires qu’ils ont évalué chez le chien et chez des volontaires sains, comparativement à une administration per os.

La formulation consistait en une préparation par fusion de witepsol H15, et des comprimés broyés. Le witepsol H15 a été choisi car le taux de libération du principe actif est plus élevé comparativement au mélange au witepsol W35 ou au S55.

Les suppositoires dosés à 30 mg étaient conservés au réfrigérateur.

L’administration rectale chez le chien  ou chez les 3 volontaires sains a conduit à un Tmax (temps pour atteindre la concentration plasmatique  maximale) retardé, une concentration maximale inférieure, et une AUC(zéro-24h) d’environ 75%, comparativement à la voie orale. Les auteurs n’expliquent pas ce phénomène.

il n’a pas été mis en évidence de sédation (score à 30 minutes et à 24h), peut être du fait de valeurs de Cmax plus faible.

Un volontaire sain a eu des effets indésirables de type sédation 4 h après la prise, avec guérison spontanée et sans séquelles. Après dosage sanguin les taux étaient 3 fois supérieurs aux 2 autres.

Il est nécessaire de poursuivre les investigations avant d’employer cette forme.